17/11/09

point de non retour

ce qu'il y a d'étonnant c'est qu'un jour il est là, on ne s'y attendait pas. Voilà.

14/11/09

all the lonely people...


Pour les autres... je ne sais pas... mais moi, oui, je trépigne, je trépigne de joie!
Quand on est petit, on pense qu'on va changer le monde, pas une petite partie, non, le monde entier. C'est plus simple, il ne faut pas se fixer de limite, l'enjeu est d'envergure mais la force développée est équivalente à la tache.
L'importance de la force et de la volonté mises en place sont inversement proportionnelles à l'âge du sujet qui décide de sauver le monde... ce qui fait qu'en grandissant... on se sent moins en charge de l'avenir de l'humanité... on ne baisse pas les bras... on s'essouffle plus surement.
Arrivé à l'âge adulte (qui s'identifie facilement : c'est le moment où l'homo sapiens est tellement sur de lui qu'il ne s'émerveille plus de rien), il est temps de constater que de toutes ces bonnes intentions du début, il ne reste rien... ou pas grand chose (vous avez vu, j'aime bien les points de suspension... c'est comme si nous parlions... le ton de la voix remonte, laisse la possibilité d'une suite ou d'une réponse).
Si peu de temps.. tant de dégâts... ça n'a pas pu arriver sans une intervention extérieure... une intervention divine? extra-terrestre? humaine.
Non!
Le temps serait donc passé si vite que certains auraient oublié leurs désirs les plus fous, auraient abandonné leurs espoirs, auraient laissé sur le bord de la route leurs rêves.
J'en entends qui disent que oui, c'est normal, le temps tue les illusions et tout ça aussi! Le temps, je l'ai bien regardé dans les yeux, c'est un tueur né, oui, "a natural born killer", mais c'est juste que chacun lui file les armes... et puis, c'est pas dit que les munitions soient bien pêchues.
Bref, j'ai fait le compte, j'ai regardé partout dans les angles de ma tête (et de mon gros orteil, là où se situe mon âme... c'est la partie de mon corps qui me fait le plus souffrir quand elle reçoit un grand coup -et vous c'est où-. Oui Vanessa, un jour on brodera des animaux morts sur des gros orteils après avoir traversé le front neigeux sibérien! Non vous là, vous ne pouvez pas comprendre. Et oui, c'est dégueux et alors, vous êtes pas obligés de lire) et bien, j'en ai vu des trucs à construire encore, des chemins à prendre toujours, des combats à mener et du coup, je suis un peu sur-bookée.
J'ai bien senti mon coeur s'emballer. J'ai fait plus attention que d'habitude, pour être sure, j'avais eu un instant de doute. Mais cette excitation irradiante, elle est toujours là. J'ai aussi senti cette douce présence enveloppante qui me va comme une seconde peau, une peau de joie. Ecorchée certes, mais les tissus cicatriciels sont d'une qualité étonnante!
Si c'est comme ça pour moi, c'est comme ça pour tous.
Regardez bien monsieur-dame, c'est tapi là, partout, et le temps n'y fera rien! Vous pouvez sauver le monde, vous sauver, en sauver d'autres, vous pouvez même monter au sommet de votre escalier ou du K2 (dans le second cas, prévoir de l'oxygène tout de même), à partir de cet instant de votre vie, tout est encore permis.

11/11/09

Un mois extraordinaire

Olive... on va voir ça en 2010?

Bon anniversaire Olivia... à se suivre depuis si longtemps on finirait presque par mélanger nos pas ... et c'est le plus beau des cadeaux.

Premier arrêt


Arbre de l'évolution - C. Darwin
toujours la larme à l'oeil!

J'avais des doutes depuis un certain temps, pas du petit doute, du doute costaud qui a presque cette odeur un peu acre de la certitude... parce que la certitude a tendance à péter les chances de renouvellement de l'espoir.
J'avais des doutes, et des envies de chocolat aussi. J'avais des doutes et des envies de lait, alors que je ne digère pas le lactose... Oui, j'avais des doutes amis brocolis. La donnée est intégrée.
Accessoirement, je m'étais gavée de quelques certitudes, histoire d'équilibrer ce lourd débat intérieur. J'avais piqué de la certitude en regardant autour de moi, de la certitude à deux balles : le bonheur ça fait du bien à soi et ça peut faire mal à d'autres; la mer est bleue mais pas toujours... et puis quoi encore? Ah oui, je me souviens, la douceur d'un baiser à la commissure de tes lèvres, en passant.
J'avais des doutes sur ce qui animait mes combats quotidiens, j'avais des doutes sur les objectifs à atteindre. J'avais des doutes, le doute s'impose quand le manque de sommeil permet d'atteindre cette lucidité insupportable due à de petites variations chimiques.
Et puis voilà, tu m'as parlé 5 mn dans la radio BLU et tout s'est envolé! C'est quand même un peu formidable l'amitié.

04/11/09

un autre jour rare

Bon anniversaire Papy, je t'aime - ta fille


pour penser à ceux que j'aime - cliché SJ

01/11/09

un jour rare


Pour un jour aussi rare, j'ai décidé de m'envelopper de mes plus beaux atours. Après une douche goinfrée de liquide mousseux qui mousse plus encore grâce à ces choses venues d'une autre planète et qui font indécemment aérer le liquide onctueux qui laisse une odeur si suave et un voile de soie sur l'épiderme (du savon liquide mais je suis vantarde quand je le peux, deux fois l'an); après avoir appliqué avec savoir-faire (c'est pas gagné) mon eye-liner noir parce que je le vaux bien; après avoir hésité entre ça ou bien ça ou encore ça (moi qui ne passe pas plus de 2mn à me vêtir chaque matin du monde); après avoir vaporisé avec légèreté un parfum subtile sur mon épiderme doux (que s'en est indécent); après avoir lutté une fois de plus contre mes poils (mais là, je n'épilogue pas), et bien je vais me lancer dans cette journée rare, sure que je suis que je vais rencontrer cet être beau, grand, fort, drôle, intelligent et riche (pourquoi hésiter?) que la vie m'a jusqu'à présent cachée. Et s'il ne remplit aucune de ces conditions, je prends aussi, allez, soyons folle. Seulement, seulement il y a un bémol, car là où je suis les hommes beaux, grands, blablabla, y'en a pas, il y a des moustiques, des tiques, du pou d'agouti, mais de l'homme beau (surtout de l'intérieur) non! Par contre il y a de l'homme un peu lâche, un peu fat, un peu trop.
Le 1er restera une journée rare pour chacun d'entre nous car j'en vois autour de moi qui ont besoin de repos, une petite rémission est indispensable pour tous. Je vous la souhaite belle cette journée, inconnus de l'univers, je vous la souhaite merveilleuse amis si chers, famille si proche. Qu'un instant, nous fermions les yeux, moi je le ferai, et que nous pensions que comme chaque jour cette journée est unique et qu'elle disparaitra à tout jamais après l'avoir vécue. Je vous effleure doucement le front de mes doigts fraichement parfumés.

01/10/09

Iles - Elles

photo by Vanessa - New Caledonia 2009 -
don't pick this photo or you've got my poing in your gueule!


Allongée sur le dos, je suivais avec le bout de mon index les contours d’un nuage rebondi, mi-dragon, mi-cheval, un peu mimolette à bien y regarder. Le sable était si fin qu’il s’insinuait dans les plis les plus étroits de mon corps. C’était rapeux et doux à la fois. Il fallait rajouter à tout ça un horizon qui s’arrêtait à la rencontre de la mer et du ciel. J’avais beau chercher des imperfections dans ce décor de carte postale, je n’en voyais aucune autre que moi-même. Même la bande sonore tenait de la perfection, le vent qui court sur le sable et l’emmène, le vent qui frotte les palmes pour les réchauffer, le vent qui siffle un peu une rengaine en drehu, le vent qui caresse ma peau et ça me suffit, nouvelle adepte d’une érotique solaire à la Michel Onfray. Rien à voir avec le décor. Je me suis réveillée. Tout y était encore.

16/09/09

Conjugaison



Je n'aurai pas de regret. J'ai pris cette décision il y a quelques temps. Je n'aurai pas de regret et ce n'est pas la peine d'insister. Quelques remords bien entendu, du petit remord allégé qu'il faut avoir pour les nuits sans sommeil, histoire de posséder une dose indispensable de culpabilité portée par l'espèce humaine, mais je n'aurai pas de regret.
J'aurai aussi quelques secrets bien gardés qu'on ne découvrira que longtemps après ma mort. C'est chic d'avoir quelques secrets. Face à la place infinitésimale que j'occupe dans l'univers, ces secrets s'atomiseront à la même vitesse que la disparition de ma chaire. Du coup, je noterai ça quelque part, dans un carnet que j'expédierai un jour prochain à une relation privilégiée qui se verra dans l'obligation de le transmettre de génération en génération, histoire d'être sure de ne pas passer tout de suite dans l'oubli. Vain espoir mort dans l'oeuf. J'aurais donc quelques secrets mais je partirai avec, c'est aussi décidé.
J'aurai des tas de douces pensées qui m'entoureront de bien être. Les douces pensées, ça donne de la profondeur au regard et le teint clair et baigné de joie aussi. Les douces pensées ça donne du brillant à mes cheveux, me demandez pas pourquoi, je n'en sais rien.
Mais surtout, surtout, je n'aurai pas de regret.

10/09/09

Papilles et fondant

Nuns in Disneyland - 1962 - unknown


Au lever, pas loin de l'horizon, j'attendais. J'avais envie de douceur, juste une étreinte, quelque chose qui me fasse sentir la présence d'un autre. Quelque chose de simple, de doux, de naturel, sans effort. J'avais besoin de douceur, de douce douceur. Vers 10h du matin, quand mon esprit s'envolait loin de mon travail, je ressentais toujours ce poids du vide. Vers midi, ça s'est mis à creuser du côté de la douleur affective. J'ai réfléchi, peu. J'ai cherché fébrilement la tablette de chocolat emmenée dans mon bidon étanche. Le chocolat au cas... J'ai ouvert l'emballage calmement, déchiré le papier argenté. J'ai cassé un gros morceau et je l'ai mis dans ma bouche. Je n'ai pas croqué. J'ai juste fermé les yeux. La douceur du chocolat m'a presque enlacée. J'ai récidivé jusqu'à l'écoeurement en poussant de petits grognements de satisfaction à chaque nouvelle étreinte gustative. Vers 16h, j'ai chassé une pensée de solitude. Le chocolat ne remplace pas une étreinte, le chocolat ne remplace pas une présence. Pourtant j'aurais cru. Mais non.
Pendant ce temps là, Gomez pense à Morticia qui ne pense à rien.

08/09/09

A la croisée des horizons


Je ne suis pas très douée en vie privée (privée de quoi pouvez-vous rajouter). Je suis donc assez souvent embarrassée car je ne sais pas m'y prendre. Je suis souvent assez embarrassée et incompétente pour résoudre les quelques situations de vie privée que j'extrais de mon quotidien un rien dédié au travail, lâche que je suis. La femmelle peu urbaine et perdue dans ses mondes est excessivement lâche... elle fuit ainsi habilement les autres, évitant de s'engager dans des relations qui pourraient l'atteindre. La femmelle peu urbaine n'a pas peur de s'engager dans les jolis mondes, plus ou moins ardus, plus ou moins violents, qui font son quotidien mais dont elle connait les méandres sans s'y perdre. Ahhh stupide femmelle! (je suis stupide si je veux!).Il est des moments importants, à la rupture d'angles de vie, où il faut être lucide. La femmelle peu urbaine est lâche mais lucide, sans qu'aucune incompatibilité apparaisse à la charnière de ces états que l'on pourrait croire ennemis. Il n'en reste pas moins que je ne suis pas douée en vie privée et là, c'est un peu une accumulation de scatols, oui vous savez, ce composé chimique à odeur excrémentielle, qui résulte de la dégradation des proteines... parfois même il m'arrive de rêver que je pourrais ne plus prendre aucune décision.. certes, ça me manquerait, sans doute, mais j'ai surligné en jaune toutes les situations où ça ne me manquerait pas. Aujourd'hui est un jour sans d'une semaine sans, parce qu'elle se situe juste avant, juste dans le prolongement antérieur d'une ligne droite avec une rupture tout au bout, une rupture en forme de bien fait. Il me reste encore à parcourir 14 jours et 24 000 km ... à peu près...

05/09/09

Bienvenue à Delphine et à son fils Michka d'Almaty


Nikki de Saint Phalle - Adam et Eve
Greg Volk - 2008 - Saint Louis Botanical Garden in Saint Louis, Missouri


ça oui Delph... bienvenue à toi et à ton fils

30/08/09

Herbe folle


... " Mon cher Théo,
ne t'offusques pas de ce "mon" possessif. Il n'est rien d'autre que le reflet de ces liens toujours plus forts qui nous unissent depuis des années. J'ai pris la plume, une fois de plus. Il y a si longtemps que nous ne nous sommes vus, 45 ans maintenant. 45 ans et une lettre par jour, de toi et de moi. Il y a des mètres de papier qui nous relient, des photos, des mots, des sons aussi et tout ça sans se tenir côte à côte, et tout ça sans abandonner. Je dois te dire que l'idée de cesser cette correspondance m'a parfois traversé l'esprit , mais je n'ai jamais pu m'y résoudre. Toi non plus semble-t-il. Tes mots sont devenus ma drogue et ma névrose. Nous sommes là, chacun derrière notre plume, à espérer le mot juste de l'autre. On se connait tellement, on se connait tellement mieux que lorsque nous vivions l'un près de l'autre. Tu me disais souvent que l'on ne se dit pas ce qu'on s'écrit. J'observe tes changements mieux que je n'ai jamais pu les saisir du temps de notre vie commune. Tu fais de même avec moi. Nous nous connaissons trop presque pour pouvoir vivre l'un sans l'autre. Chacun de nous a sa tache.
Je ne sais pour toi, Théo, mais ma vie avec les autres, ma vie dans la vraie vie a pris une drôle de tournure. J'y cherche chaque fois cette profondeur que je ne trouve plus que dans ces échanges épistolaires que nous avons, ça n'est pas simple à vivre. Pourtant Théo, je dois t'annoncer aujourd'hui le décès de mon mari.
Oui, nous nous disons tous sauf ce que nous omettons froidement. Et ce mari tombé du ciel en fait partie. Tu n'ignorais rien de ce mariage sauf parfois certaines de ses douleurs silencieuses. Tu comprendras sans doute que rien n'est simple. Daniel est mort d'un arrêt cardiaque, paix à son âme. Daniel était un homme merveilleux comme tu le sais, plus que tout, il ne savait ni lire ni écrire et je n'ai mis aucune bonne volonté à changer cette situation. Je lui servais de guide pour ce qui nécessitait mes compétences, cela me convenait, cela nous convenait à tous deux. Cela convenait surtout à mon égo et à mon sens maternel jamais satisfait. Daniel est mort.
Il faudra un jour se décider à arrêter ce jeu des lettres Théo, il est morticole au final.
Tu me proposais de venir me rejoindre quelques jours. Je dois te répondre par la négative. Je n'ai pas envie de te perdre par simple plaisir de te voir. Notre correspondance est trop précieuse. Je ne suis pas sure de pouvoir me lever sans espérer recevoir un mot de toi. La vie file Théo, nous serons morts bientôt car c'est dans la nature des organismes de s'user. Tu as 88 ans, j'en ai 85... Qu'adviendra-t-il de nos silences une fois le temps dépassé? Qu'adviendra-t-il de toutes nos missives? Te décideras-tu à les brûler? Je ne m'y résous pas, chaque feuille a tellement de significations et parfois même, certains mots portent une clé en eux.
Qui donc les retrouvera?
Je vais te laisser mon cher Théo, te laisser jusqu'à demain, en comptant sur toi, ta force, ce qu'il te reste de vie, pour chasser les affreux doutes qui hantent mon esprit après la mort de mon époux.
Ton amie ..."

26/08/09

Petites douceurs et gorges profondes (c'est juste un test Tom)

fast and furry-ous 1949


Passé les premières années de surprise, j'ai l'impression qu'on s'habitue à sa condition humaine.
Je suis plutôt chocolat, très chocolat, extrêmement chocolat, même par temps de disette ou de bonheur incompressible.
Je suis aussi mille-feuilles.Pas trop adepte de la glaçure, c'est de l'esbroufe, trop sucré en plus. Juste en-dessous, tous ces niveaux crémeux auxquels succèdent des morceaux de pâte feuilletée qui rompent comme ça, sans qu'on s'y attende, oui, je suis pour... La vie est un grand mille-feuilles. Je fais gaffe, je les compte une par une les feuilles, pour pas me faire avoir sur la quantité. Ca doit vouloir dire que je vais vivre 1000 ans et avec de la crème souvent, de la crème de qualité, pas de l'ersatz (je pars bien entendu du postulat qu'une feuille est une unité de mesure égale à une année. Question subsidiaire : quelle est la valeur du niveau de crème sans faire appel à des équations factorielles).
Ahh pour les gorges profondes? Nous pourrons parler une autre fois d'érosion et de mouvements tectoniques, oui, uniquement de cela!

24/08/09

Cyberpunk

23/08/09

Oscillation à amplitude amortie

Les mots appartiennent à tous.
Ce que j'écris a donc été écrit plus d'une fois.
Je vais me taire; par sa répartition homogène et continue parmi les humains, cet acte n'a rien d'une rébellion.

22/08/09

Déclaration d'amour


Vues de l'extérieur, des retrouvailles entre un homme et une femme c'est d'un banal! Des retrouvailles entre un homme et un panda, un homme et un homme, un femme et une femme, un spaghetti et de la sauce tomate, gorgon et zola aussi me direz-vous... encore que pour le spaghetti...Oui, vues de l'extérieur, des retrouvailles ce n'est pas folichon. Parce que de l'intérieur, la retrouvaille vous remue la tripaille, vous fait mal jusqu'au bonheur, vous donne l'haleine pleine de fleurs mentholées. Oui, de l'intérieur, la retrouvaille vous fait perdre 5kg, ceux que justement vous vouliez oublier. La retrouvaille, on voudrait qu'elle s'éternise, qu'elle devienne une action du CAC 40, on voudrait en faire un rendez-vous quotidien... Tu fais quoi aujourd'hui? Moi? j'ai des retrouvailles à 10h et aussi à 14h, une bonne journée... je sens que ça va pleurer dans les chaumières! Oui, la retrouvaille ça donne de la longueur aux minutes qui y perdent leur latin... 62, 63, 64 secondes par minutes... mais où va-t-on?
Il faut le dire, la retrouvaille s'accompagne d'une longue absence, ou alors d'un moment d'absence qui en fonction des sentiments éprouvés ressemble à des siècles de séparation.
La retrouvaille et la séparation sont les mamelles d'une longue vallée de larmes pleines de bonheur. Ainsi sont les humains.
C'est bien simple, je n'ai qu'une envie, retrouver la terre entière et une ou deux personnes en particulier.

21/08/09

Déjà vu


Rita Hayworth...

On y vient, lentement. On y vient, parce qu'il le faut bien. On y vient, parce qu'il n'y a pas moyen de faire autrement, ça glisse dans ce coin et du coup, obligé de partir dans la mauvaise direction, celle du grand Rien.
Remarquez, il y avait des signes précurseurs au glissement. J'dis pas que j'ai tout suivi. J'ai vu les plaques de verglas se mettre en place, j'ai vu le cirage tartiné avec obstination à certains endroits. Et là, voilà, on y est et on glisse vers le grand rien!
Ca commence par l'éducation, oui, oui, vous trompez pas Messieurs-Dames, quand un pays commence à réduire les effectifs de ceux qui développent les cerveaux, plus ou moins bien, plus ou moins mal, y'a du souci à se faire. Que les politiques pour se gargariser... et ceux qui ont subi une ablation du cervelet il y a longtemps, dans la petite enfance ou alors dans une formation politique... ou alors ailleurs ! On vit très bien comme légume, suffit juste de vous arroser parfois, une petite bière, un chèque à la fin du mois, une caresse dans le sens du poil et surtout, oui, surtout une bonne démagogie politique.
La glissade continue du côté de l'enseignement supérieur et de la recherche... on va pas non plus les aider ces gens qui passent tout ce temps à user leurs fonds de culottes sur les bancs d'amphithéâtres obscurs, et puis quoi encore. Bon, d'accord, parait que c'est le prestige, parait que c'est l'avenir, paraitrait même qu'ils font sortir des brevets qui nous aident et améliorent notre vie, parfois, mais moi, moi qui glisse depuis des années, ça ne m'intéresse pas tout ça, trop compliqué! Des moutons moi, j'vous dis, voilà ce qu'il nous faut, des mou-tons!
La recherche fondamentale, la recherche appliquée.. mais ça produit quoi? Heuuuu je crois que ça produit des trucs qu'on peut ensuite exploiter dans l'industrie, entre autre, mais ce que j'en dis....
Oh, vous, là qui pensez un peu plus fort que les autres, vous avez intérêt à rentrer dans le rang!
Ca continue encore avec la santé. Et hop les copains, t'es pauvre t'es foutu, dommage t'as perdu!
Et puis ça continue, tout doucement, glissade lente... drôlement cher les courses, t'as remarqué? Incroyable! Ca doit être une impression parce qu'ils le disent tous ces gens bien informés, ça n'a pas augmenté tant que ça.
Pourtant une baguette à 90 centimes d'euros... ça fait... laisse moi compter, me reste encore un peu de cerveau, attends, c'est pas simple, attends, attends.. ça nous fait la baguette à 5fr 90... ben messieurs, se mouchent pas du coude... et dire que les français avaient la baguette comme dernier rempart à la faim... Mais n'exagères-pas, tu exagères toujours, il y a plus de chômeurs, plus de pauvres oui mais c'est la faute à la crise tout ça. Et la crise c'est comme une entité, un truc vivant qui nous en veut. C'est arrivé comme ça, on s'est rendu compte de rien. Et imagines un peu, presque en même temps que cette foutue pandémie de H1N1. J'veux pas faire de parallèle mais quand même, c'est un peu la même galère, ils prévoient de la contagion et des morts à la vitesse du chômage mondial.
Et puis tu dois continuer à donner pour ceux qui jouent en bourse, ils savent eux et ils méritent leur salaires, ils suent pour préserver des bulles économiques et aussi ils se battent pour conserver l'argent des riches, ils jouent dans la cours des grands; nous c'est simple, on peut pas comprendre... arrête, arrête, tu vois bien, tu fais de la démagogie, t'en fais tout un plat alors même que tu ne sais rien. Oui, regarde ces grands hommes, ils nous ont sauvés pendant le G20 et toutes ces réunions, je te le dis, dès demain tu pourras consommer à nouveau, tu verras, ça te rendra heureux. Avec quoi? arrête de poser des questions. Le bonheur c'est la consommation et ne cherche pas d'autres solutions. C'est grâce à tous ces mecs sérieux qui nous gouvernent qu'on a su la juguler la crise. Quoi, t'es pas convaincu? Quoi, tu penses que les politiques défendent l'argent et ne représentent plus d'idées ou d'idéaux. Ohhhhh arrête. Par contre, z'ont pas l'air efficaces pour juguler l'effet de serre, c'est pas aussi porteur...
Arrête de poser des questions, continue à glisser et regarde quand même si tu ne trouves pas un truc pour nous arrêter, ça accélère drôlement cette descente...

20/08/09

Nue


Il y a le beau, l’extrêmement beau, le délicieusement savoureux, le discrètement croustillant, l’envahissante douceur, le délicieux frisson que toutes ces sensations procurent.
Je parle de quoi ?
Du beau, du plaisir de se faire du bien aux yeux et aux neurones, de ce besoin irrépressible de compenser les lourdeurs de la vie avec un peu de ce plaisir orgasmique (je pèse mes mots et mes maux par ailleurs) procuré par l'observation passive ou active de belles choses.
Les jours passent avec leur lot de problèmes, des problèmes quotidiens, des problèmes de vie, des problèmes de pouvoir et de contre-pouvoir comme c'est souvent le cas dans le travail. Et j'en reviens chaque soir, tard dans la nuit, au moment où il faut rejoindre mon lit, à sortir un bouquin avec de belles images, histoire de garder ce beau imprimé sur ma rétine et dans mon cerveau pour servir d'écrin à mes rêves que je souhaite agréables et non peuplés de fureurs et de sang (là on respire très fort, la phrase était suicidaire). Pourtant, mes rêves sont parfois remplis de mochitude (la mochitude étant plus perverse que la laideur, la mochitude s'insinue jusqu'au chaînage ADN et corrompt les plus merveilleux de nos merveilleux instants, la mochitude est issue de la pratique assidue de la vie en milieu tempéré, équatorial ou polaire...). J'ai trouvé une bonne thérapie à tout ça, le rire, je m'y adonne chaque jour, une bonne heure. Je nage aussi, et j'aime. J'aime souvent pour m'exister (oui, il s'agit d'un verbe transitif ou intransitif, au choix et j'emmerde les grammairiens qui trouveraient à y redire) et exister mes contemporains. Je fais ça aussi avec mes fantômes. C'est doux et vivifiant.

19/08/09

Monsieur Seguin

J'aime le tango, et la danse orientale. Il y a dans chacune tant de sensualité et d'opulence. Une débauche. Des étoffes lourdes et soyeuses, des décolletés plongeants, des corps qui s'affrontent ou s'attendent, de la sueur qui ourle les peaux et va jusqu'à les confondre parfois. Il y a des muscles tendus, il y a un appel de l'autre et un don de soi, de la violence et du désir. Il y a de la vie tout simplement, de la vie qu'on voit jusqu'à cligner des yeux, tant vivre peut parfois entraîner une certaine gène.
J'aime le fromage de chèvre aussi, avec ou sans miel.

2 mn 30

Quelque part dans le monde, il est l'heure que j'attends. Je vous explique. J'aime bien l'heure et le jour que je vis mais parfois, il me prend à rêver d'un autre endroit, d'un autre moment, spécialement fait pour moi et qui m'attend. Les moments nous attendent souvent, ils ont l'air sympa de loin, mais en se rapprochant, j'en connais des moments qui nous attendent au tournant. J'en connais qui s'étirent aussi, pour nous faire plaisir et nous donner le goût de recommencer, le goût d'y revenir.