Une grosse dame dans un jardin anglais
Blog fictionnel. Toute ressemblance avec des personnages vivants ou morts est fortuite. Le lecteur rentre ici en mettant en cause sa propre responsabilité. Toute identification à tel ou tel personnage est entièrement du fait du lecteur. Les noms utilisés ne correspondent pas à des personnages existants. Les névroses individuelles ne sont pas prises en compte par l'auteur. Illustration : Angelica Paez
vendredi 4 mai 2012
I taste so good
J'ai l'impression parfois que nous sommes à quelques jours de 1789. Le parfum de l'incompréhension, l'érosion quotidienne entre les dirigeants et le bon peuple, la surenchère de la richesse face à l'explosion de la pauvreté. Ce sont les jours de pluie diluvienne ou de grande surchauffe climatique qui engendrent cette sensation. Quand l'air frais me donne de l'insouciance, j'arrive parfois à penser que nous sommes à une époque bénie faite de fraicheur et de désillusion saine (la désillusion saine donne l'impression de comprendre le monde - très vite, se faufile alors la sensation que l'on consomme de la drogue de schtroumpf ajoutée aux concombres et autres crudités nécessaires à un régime omnivore - phénomène d'hyper-réalité..).
J'ai parfois l'impression qu'il faudrait que je puisse changer intégralement ma garde-robe, j'investirais uniquement dans de longues robes échancrées et pailletées, pourpre si possible, très vulgaires. J'investirais aussi dans des chaussures à talons, de 12 cm si possible. J'investirais aussi dans des béquilles, ou un déambulateur.
Cette succession d'impressions rend la vie imprévisible.
J'ai aussi parfois l'impression de lire ça, http://www.notforsalecampaign.org/about/slavery/, je n'ai pas que l'impression. Comme un sensation de déjà vu.
mercredi 2 mai 2012
Confiture d'amandes et de piments, sans douceur ajoutée
J'aime le tango, et la danse orientale. Il y a dans chacune tant de sensualité et d'opulence. Une débauche. Des étoffes lourdes et soyeuses, des décolletés plongeants, des corps qui s'affrontent ou s'attendent, de la sueur qui ourle les peaux et va jusqu'à les confondre parfois. Il y a des muscles tendus, il y a un appel de l'autre et un don de soi, de la violence et du désir. Il y a de la vie tout simplement, de la vie qu'on voit jusqu'à cligner des yeux, tant vivre peut parfois entraîner une certaine gène.
J'aime le fromage de chèvre aussi.
Une vie sans regret
Lundi - sj
Je n'aurai pas de regret. J'ai décidé ça il y a quelques
temps. Je n'aurai pas de regret et ce n'est pas la peine d'insister. Quelques
remords bien entendu, du petit remord allégé qu'il faut avoir pour les nuits
sans sommeil, histoire de posséder une dose indispensable de culpabilité portée
par l'espèce humaine depuis que les dieux de tout poil sont apparus, mais je
n'aurai pas de regret.
J'aurai aussi quelques secrets bien gardés qu'on ne
découvrira que longtemps après que je ne serai plus. C'est chic d'avoir
quelques secrets. Face à la place infinitésimale que j'occupe dans l'univers,
ces secrets s'atomiseront à la même vitesse que la disparition de ma chaire. Du
coup, je noterai ça quelque part, dans un carnet que j'expédierai un jour
prochain à une relation privilégiée qui se verra dans l'obligation de le
transmettre de génération en génération, histoire d'être sure de ne pas passer
tout de suite dans l'oubli. Vain espoir mort dans l'oeuf. J'aurais donc
quelques secrets mais je partirai avec, c'est aussi décidé.
J'aurai des tas de douces pensées qui m'entoureront de bien
être. Les douces pensées, ça donne de la profondeur au regard et le teint clair
et baigné de joie aussi. Les douces pensées ça donne du brillant à mes cheveux,
me demandez pas pourquoi, je n'en sais rien.
Mais surtout, surtout, je n'aurai pas de regret.
J'ai tout bien noté sur ma liste de choses à faire, j'ai
déjà tout biffé.
Me reste plus qu'une chose à satisfaire, ne pas avoir
d'inquiétude pour obtenir tout le reste. Ca aussi, c'est ok!
Pendant ce temps là, Morticia s'interrogeait sur
l'importance de l'ail dans la salade de concombre...
samedi 28 avril 2012
Hallucinations et Cap'tain America
Ma vie est parfois localisée entre la poésie et l'aventure, sans que je puisse déterminer où ça se situe (plus surement du côté de la poésie de comptoir et de l'aventure d’ascenseur).
Hier, j'avais un rendez-vous important à 18h30 (on se fout un peu de l'heure). J'étais pressée.
Je m'activais vers ma destination quand Cap'tain America est sorti de nulle part. Un hybride de Cap'tain America et d'un piroguier Boni. L'homme trapu, rasé de prêt avec l'incisive couverte d'or. Le pull en simili laine, un pantalon en skaï apprêté (très apprêté) et des bottes improbables de Cap'tain America, entièrement en cuir usé, mais des bottes de Cap'tain America dans lesquelles s'était faufilé le bas du pantalon en skaï.
ouhlalalalalala
Vive les super-héros de pacotille.
Il m'a demandé où j'allais. Je lui ai répondu tout de go: "droit devant moi". Il a continué en me tutoyant (c'est comme ça les super-héros) et en me demandant mon prénom que je lui ai fourni sans tergiverser (mais un peu triste quand même qu'il n'ait pas réussi à le deviner)... (et tes super pouvoirs mec). Ensuite, un peu mono-obsessionnel il m'a redemandé où j'allais et là je lui ai dit "voir une freudienne". Ca ne l'a pas aidé, il a couru illico vers son destin (sans doute deux seins et un cul appétissant).
Je suis une fille comme ça, même pas peur de rater les occaz qui se présentent. En plus, là où on était, ce n'était pas un piroguier Boni, c'est sur!
Ensuite j'ai rencontré l'homme en noir avec des aimants. La cinquantaine, l'élégance déguingandée, et deux jetons aimantés à la main. Il a passé le trajet dans le train à poser ses aimants sur toutes les surfaces, en oscillant légèrement la tête d'un air entendu quand l'aimant accrochait.
Je suis descendue pour courir vers mon rendez-vous, pas certaine que tous ces hasards poétiques ne soient pas des hallucinations.
PS : il semble que ce ne soient pas des hallucination. Ma vie est une aventure.
Hier, j'avais un rendez-vous important à 18h30 (on se fout un peu de l'heure). J'étais pressée.
Je m'activais vers ma destination quand Cap'tain America est sorti de nulle part. Un hybride de Cap'tain America et d'un piroguier Boni. L'homme trapu, rasé de prêt avec l'incisive couverte d'or. Le pull en simili laine, un pantalon en skaï apprêté (très apprêté) et des bottes improbables de Cap'tain America, entièrement en cuir usé, mais des bottes de Cap'tain America dans lesquelles s'était faufilé le bas du pantalon en skaï.
ouhlalalalalala
Vive les super-héros de pacotille.
Il m'a demandé où j'allais. Je lui ai répondu tout de go: "droit devant moi". Il a continué en me tutoyant (c'est comme ça les super-héros) et en me demandant mon prénom que je lui ai fourni sans tergiverser (mais un peu triste quand même qu'il n'ait pas réussi à le deviner)... (et tes super pouvoirs mec). Ensuite, un peu mono-obsessionnel il m'a redemandé où j'allais et là je lui ai dit "voir une freudienne". Ca ne l'a pas aidé, il a couru illico vers son destin (sans doute deux seins et un cul appétissant).
Je suis une fille comme ça, même pas peur de rater les occaz qui se présentent. En plus, là où on était, ce n'était pas un piroguier Boni, c'est sur!
Ensuite j'ai rencontré l'homme en noir avec des aimants. La cinquantaine, l'élégance déguingandée, et deux jetons aimantés à la main. Il a passé le trajet dans le train à poser ses aimants sur toutes les surfaces, en oscillant légèrement la tête d'un air entendu quand l'aimant accrochait.
Je suis descendue pour courir vers mon rendez-vous, pas certaine que tous ces hasards poétiques ne soient pas des hallucinations.
PS : il semble que ce ne soient pas des hallucination. Ma vie est une aventure.
Egypt avengers by http://manarama.deviantart.com/
Libellés :
aventure,
cap'tain America
| Réactions : |
jeudi 26 avril 2012
Aimez-vous les biscottes?
J'aime bien attendre des gens sur des quais de gare. J'aime bien attendre des gens dans des halls d'aéroports. Quand je sais que l'avion a attéri.
J'aime bien ces moments qui précèdent les grandes embrassades qui sont des bouffées d'air pur. Des grosses goulées de joie qui donnent du frisson sur la peau et un petit coup de rose aux joues.
J'aime bien me réveiller la nuit et regarder dans le lit à côté du mien, ma mère dormir paisiblement, enroulée dans ses 85 ans. Il parait que c'est la reine des neiges.
J'aime bien aussi les embrassades avant les départs, mais dans l'autre sens, comme si on avait l'âme à l'envers et la douleur brûlante en surface du coeur, la sensation d'éclater de l'intérieur.
J'aime bien l'espoir des projets, les plans sur la comètes, les idées de rencontres à venir, de fins de semaine que l'on sait passer avec ceux qu'on aime alors que pendant longtemps on a juste passé des moments seul, sans espoir de partage.
J'aime prendre un train pas trop rapide qui me mène vers un endroit que j'aime et que je connais, là où je verrais des amis et où je sentirais affleurer, dans mes idées, des souvenirs de plaisirs communs.
J'aime bien dans la nuit, quand je me réveille vers 1h du matin, parler à l'esprit de mon père, assis sur mon épaule, attentif et serein, qui sait presque essuyer mes larmes.
J'aime bien effleurer. J'aime bien poser un baiser léger, en forme de voile d'amour.
J'aime bien en décousu. J'aime bien sous l'air poussiéreux du ventilateur, j'aime bien derrière le voile de la moustiquaire, j'aime bien dans la douce chaleur de la couette.
J'aime bien la tête du chartreux posée au creux de ma main et ses yeux alanguis me regarder de loin.
J'aime bien la mémoire.
J'aime bien l'ignorance que j'imagine comme un élément de bonheur.
mercredi 25 avril 2012
to be or not to go (togo)
J'avais des doutes depuis un certain temps, pas du petit doute, du doute costaud qui a presque cette odeur un peu acre de la certitude... parce que la certitude a tendance à péter les chances de renouvellement de l'espoir.
J'avais des doutes, et des envies de chocolat aussi. J'avais des doutes et des envies de lait, alors que je ne digère pas le lactose... Oui, j'avais des doutes amis brocolis. La donnée est intégrée.
Accessoirement, je m'étais gavée de quelques certitudes, histoire d'équilibrer ce lourd débat intérieur. J'avais piqué de la certitude en regardant autour de moi, de la certitude à deux balles : le bonheur ça fait du bien à soi et ça peut faire mal à d'autres; la mer est bleue mais pas toujours... et puis quoi encore? Ah oui, je me souviens, la douceur d'un baiser à la commissure de tes lèvres, en passant.
J'avais des doutes sur ce qui animait mes combats quotidiens, j'avais des doutes sur les objectifs à atteindre. J'avais des doutes, Jle doute s'impose quand le manque de sommeil permet d'atteindre cette lucidité insupportable due à de petites variations chimiques.
Et puis voilà, tu m'as parlé 5 mn dans la radio BLU et tout s'est envolé! C'est quand même un peu formidable l'amitié.
J'avais des doutes, et des envies de chocolat aussi. J'avais des doutes et des envies de lait, alors que je ne digère pas le lactose... Oui, j'avais des doutes amis brocolis. La donnée est intégrée.
Accessoirement, je m'étais gavée de quelques certitudes, histoire d'équilibrer ce lourd débat intérieur. J'avais piqué de la certitude en regardant autour de moi, de la certitude à deux balles : le bonheur ça fait du bien à soi et ça peut faire mal à d'autres; la mer est bleue mais pas toujours... et puis quoi encore? Ah oui, je me souviens, la douceur d'un baiser à la commissure de tes lèvres, en passant.
J'avais des doutes sur ce qui animait mes combats quotidiens, j'avais des doutes sur les objectifs à atteindre. J'avais des doutes, Jle doute s'impose quand le manque de sommeil permet d'atteindre cette lucidité insupportable due à de petites variations chimiques.
Et puis voilà, tu m'as parlé 5 mn dans la radio BLU et tout s'est envolé! C'est quand même un peu formidable l'amitié.
mardi 24 avril 2012
Le temps d'une pause
Je n'aime pas les clowns. Je déteste les clowns. Ca me met mal à l'aise, le côté forcé sans doute.
Et pourquoi se maquiller pour être quelqu'un d'autre? Et pourquoi se maquiller en blanc? Qui a une peau blanche à ce point?
Je n'aime pas les filles super maquillées. Ca me fait le même effet que les clowns. J'ai du mal à les regarder droit dans les yeux. Il faut d'abord que je réussisse à enlever leur image, celle que j'ai devant moi, que je la remplace par un truc inodore, genre une citrouille (j'ai souvent recours à la citrouille) et hop, le tour est joué. Si la citrouille m'échappe, c'est reparti. Je suis obligée d'abréger, ça me met mal à l'aise. J'ai toujours une ou deux images à disposition en tête, que je place là, virtuellement, devant les yeux. En cas de gros malaise, elles sont à disposition, faut juste les stabiliser assez longtemps.
Je n'aime pas les hommes super-maquillés non plus, c'est peut-être moins courant.
Je n'aime pas les hommes/femmes super-maquillés, à une exception près, celle des acteurs d'opéra chinois. Je ne sais pas pourquoi. C'est comme ça. Fut même un temps où je suivais une troupe, subjuguée que j'étais. Je le suis toujours. Je n'ai plus le temps de les suivre.
Mais je n'aime pas les clowns. Un monde sans clown serait une vraie délivrance. J'exagère à peine. Je n'aime pas les clowns, mais qu'est-ce que j'aime rire. Les clowns ne m'ont jamais fait rire, aussi loin que je me souvienne.
Francis Picabia - autoportrait - 1940
| Réactions : |
Vision diurne, jusqu'à tard le soir...
Ce matin, j’ai voyagé avec le commandant Cousteau, ou alors
sa réincarnation. Ou encore son fantôme. J’étais peut-être la seule à le voir.
Allez savoir. Parfois j’aime bien cette sensation unique d’être un rien à
l’extérieur. S’inventer vite fait et pour pas cher un monde d’illusions, plus
ou moins rigolotes, plus ou moins morbides.
Je ne l’ai vu que de profil, Cousteau. Il avait le bon
bonnet, le même visage émacié qui colle tellement à la forme du squelette que
ça devient inquiétant. Il avait le bon col roulé qui donne de la prestance et
un arrière goût d’embruns marins (parfois, l’embrun, ça pue un peu). Il avait
le coût tendu, dans une espèce d’effort statique pour dépasser les autres
voyageurs, traîner avec lui le TGV et rejoindre en première place la gare.
Je fais beaucoup d’associations ces derniers jours. Ou
alors, je réinvente les gens qui m’entourent. Ils sont équipés de surnoms, de
sur-personnalités qu’ils endossent avec bonhomie, en totale ignorance de ce qui
leur arrive. Ils sont consentants et ignorants.
C’est ce qui me plait dans la fréquentation toute neuve des
transports en commun. Le commun justement. Y’a pas à perdre une miette. Tout
est bon à prendre, à observer, à mastiquer, à ingurgiter : la dame qui ne
cesse de parler à sa copine en train de lire la bible sans oublier d’acquiescer
régulièrement (il y a des tas de gens qui lisent des livres plus ou moins
mystiques dans les transports… d’où les transports sans doute !!!). Il y a
le garçon qui ondule des cervicales en écoutant les écouteurs de survie posés
sur ses oreilles, il y a le jeune couple amoureux qui s’embrasse à pleine
bouche parce que franchement, il n’y a rien d’autre objectivement à faire, il y
a celles et ceux qui pianotent, qui téléphonent, qui lisent, qui attendent avec
anxiété l’arrivée à un rendez-vous qui changera sans doute leur vie. Il y a
tout un tas de trucs que je fais pour la première fois depuis quelques mois et
ça me va bien au teint. Enfin, souvent.
Libellés :
la première fois de toute ma vie,
TGV
| Réactions : |
samedi 31 mars 2012
dimanche 25 mars 2012
Inscription à :
Messages (Atom)






